Petite histoire de l’avenue Edmond Foucré

Petite histoire de l’avenue Edmond Foucré

12 juillet 2023 1 Par Lou

Et si nos rues racontaient leur histoire…

 

Il est possible que nos deux résistants loubésiens se soient connus pendant leur enfance. Toujours est-il que la commune leur rend hommage en nommant des rues qui se prolongent, l’une vers la gare, Avenue Henri Bertrand, l’autre juste en face vers Toignan, l’avenue Jean Edmond Foucré. Celui-ci naît à Saint-Loubès le 16 avril 1920.


La scolarité puis la formation

Il fréquente l’école primaire des garçons puis va à Bordeaux Bastide au cours supérieur Léonard Lenoir et enfin, termine sa scolarité rue du Commandant Arnould à Bordeaux. Reçu au concours, il entre aux Ponts et Chaussées.

 

Le départ pour La Rochelle à l’aube de la seconde guerre mondiale

Le 30 novembre 1939, il est affecté à la Rochelle en tant qu’adjoint technique au service maritime et transports routiers. Dès 1940, ce service est utilisé par l’armée allemande d’occupation pour ses besoins propres. Avec certains de ses collègues fonctionnaires, ils vont profiter de leur position pour mener des actions de résistance.

 

 

Indocile envers l’occupant, changement d’affectation 

Son indocilité envers l’occupant l’ayant mis un peu trop “en vedette”, ses chefs jugent bon de lui faire quitter La Rochelle. Le 30 juillet 1943 il est affecté au transport routier à Royan. De par sa position stratégique, à l’embouchure de la Gironde, Royan permet le contrôle des navires dans l’estuaire. Depuis 1940 les troupes allemandes y sont installées pour contrôler l’accès à Bordeaux.

 

L’entrée en résistance, rencontre avec Franck Lamy

A ce nouveau poste, sa rencontre avec Franck Lamy va confirmer son engagement dans la résistance. Franck Lamy est alors chef de la résistance et ingénieur principal des Ponts et Chaussées. C’est là et chez les gardiens de phares qu’Il recrute les membres de son groupe. Arrêté par la Gestapo en mars 1944, il décède en déportation en décembre de la même année.

 

Les actions de résistance

Ce qu’il faisait à La Rochelle, Jean Edmond le poursuit à Royan. Son emploi et les facilités de déplacement constituent une excellente couverture. Collecte et transmissions d’informations, détournement de ravitaillements allemands, réception de parachutages, telles seront ses activités.

 

Mourir à 24 ans pour sauver son pays

J’ai voulu approfondir mes données et je me suis rendue compte d’une divergence dans les différentes sources consultées. En effet, Pierre Bardou situe le décès de Jean Edmond Foucré en 1945, suite au bombardement de Royan : « Blessé dans l’effondrement de l’immeuble des Ponts et Chaussées, il est évacué et transféré à l’hôpital militaire de La Chapelle des Pots près de Saintes où il décède le 10 juillet 1945. » Cependant, au cours de mes recherches dans la base des victimes civiles de 39-45 (service défense SGA), il est fait mention de son décès le 10 janvier 1944.

 


Base des victimes civiles (1939-1945)

  • FOUCRE Jean Edmond Sources Service historique de la Défense, Caen CoteAC 21 P 472 241
  • Conflit : Guerre 1939-1945
  • Famille : AC
  • Sous-série : 21
  • Série : P
  • Article : 344047
  • Nom : FOUCRE
  • Prénom : Jean Edmond
  • Date de naissance : 16-04-1920
  • Lieu de naissance : Saint-Loubès
  • Département de naissance : 33 – Gironde
  • Pays de naissance : France
  • Statut : victime civile
  • Date de décès : 10-01-1944
  • Lieu de décès : La chapelle des pots
  • Département de décès : 17 – Charente-Maritime (ex Charente-Inférieure)
  • Pays de décès : France
  • Sources : Service historique de la Défense, Caen
  • Déportation : 0
  • Décoration posthume : 0
  • Réhabilitation : 0
  • Lien : Voir sur mémoire des hommes

Peut-être certaines personnes possèdent-elles plus d’informations sur ce destin tragique… En tant que loubésienne, je ne peux qu’être reconnaissante envers ce jeune homme « indocile » mais tellement courageux.

 

Sources :