Tu cherches ? Tu trouves tout chez Claudine !

Tu cherches ? Tu trouves tout chez Claudine !

28 juillet 2025 0 Par Lou

La famille de Claudine est originaire de Carbon-Blanc. Le père imprimeur cherche un local pour installer son entreprise. C’est ainsi que la famille arrive sur Saint Loubès en 1947…


~ Une aventure familiale

La boucherie de M. Dumeau, située à l’angle de la rue Saint Aignan, est en vente dans les années 60. (Pour information l’abattoir se trouvait dans la rue Saint Aignan derrière l’ancien presbytère). M. Barre, le père de Claudine, se porte acquéreur. L’imprimerie voit le jour dans la petite impasse, côté avenue de la république.

Claudine se marie en 1958 avec un Loubésien de Soupetard, M. Teynat. Il apprend le métier d’imprimeur, tandis qu’elle-même est typographe. Rapidement, l’imprimerie devient trop étroite. Le père et le mari envisagent alors d’ouvrir une papeterie. Claudine se souvient de la découverte, pendant les travaux, d’une magnifique plaque en fonte recouvrant un ancien puits.


~ Un lieu de vie et de souvenirs

La librairie-papeterie ouvre en 1963. Il y a beaucoup à faire, et Claudine est secondée par ses parents. Petit à petit, le magasin va subir des transformations et s’agrandir. Car on y trouve de tout chez Claudine ! Des jouets, de la papeterie, des livres, des cadeaux, et même de la vaisselle en grès « très à la mode à l’époque et qui se vendait fort bien » confie-t-elle !

 

© Jacques Barraud – La papeterie dans les années 70

 

Passionnés d’antiquités, le couple achète plus tard le bâtiment situé de l’autre côté de la rue Saint-Aignan, à l’angle de l’avenue de la République (aujourd’hui devenu une agence immobilière). Tout en poursuivant leur activité, Claudine et son conjoint sillonnent les salons d’antiquités, mais aussi, deux fois par an, les salons parisiens du jouet et le salon professionnel Bijorhca dédié aux cadeaux et à la vaisselle. Dans le domaine des antiquités, ils exposent et vendent au Salon des Antiquaires du Lac, aux Quinconces (où leur stand s’étend sur près de 75 m²) ainsi qu’aux Entrepôts Lainé.

 

Anciens entrepôts dits « Les entrepôts Lainé » (1950)

 

Dans la papeterie, on pouvait déambuler parmi les articles scolaires et de papeterie, disposés à l’entrée. Au fond du magasin se trouvaient les jouets et les peluches. À l’étage, de la vaisselle était exposée, ainsi que de nombreux autres articles, comme des souvenirs de Saint-Loubès (notamment des assiettes) et divers bibelots. On trouvait même un rayon parfumerie, du maquillage, ainsi que de la maroquinerie.

Claudine se souvient de l’appréhension ressentie lorsqu’une cliente lui lançait : « Je veux devenir blonde, quel produit me conseillez-vous ? » Elle se dirigeait alors vers les colorations « Récital », en espérant avoir choisi la bonne teinte. La satisfaction revenait lorsque la cliente réapparaissait, magnifiquement blonde.

 

 

Au deuxième étage, dans la réserve, étaient entreposés les articles d’été : transats, tables et chaises de camping, pots de fleurs… L’ensemble était installé sur le trottoir pendant la belle saison. Claudine se rappelle que, certains soirs, tout restait dehors pour la nuit. Heureusement, elle pouvait compter sur ses voisins, qui récupéraient les articles au petit matin et les ramenaient à l’intérieur.


~ Une boutique ancrée dans la vie locale

La papeterie était régulièrement sollicitée lors des événements de la commune, des fêtes scolaires et autres manifestations locales. Sur les maillots des jeunes du club de football figurait la publicité : « Meubles Teynat ».

Claudine évoque quelques souvenirs avec émotion. Elle se rappelle notamment d’une petite fille venue acheter un jouet avec un billet de 50 francs. Par précaution, Claudine avait conservé le billet et le jouet, le temps de contacter les parents pour s’assurer que l’achat était bien autorisé. Une autre fois, un grand-père lui avait demandé de surveiller sa petite-fille pendant qu’il s’absentait. Devant un nouvel achat, Claudine avait pris soin de le rappeler, et ce dernier avait confirmé que la marraine avait bien donné l’argent.

Tous les clients connaissaient bien son petit caniche, Vemby, qu’elle gardait souvent dans ses bras. Au moment de régler leurs achats, lorsque les clients ouvraient leur sac, le chien y plongeait aussitôt sa petite truffe, à la recherche d’un trophée ! Après le décès de Vemby, il n’était plus question d’avoir un chien à la maison. Pourtant, Claudine trouva le moyen d’en introduire un nouveau : elle offrit un épagneul papillon à son mari pour son anniversaire. Finalement, on ne voyait plus que lui et…Câlin, leur nouveau compagnon !


~ Une retraite bien méritée

Malheureusement, la concurrence des grandes surfaces commença à se faire sentir à Saint-Loubès, notamment avec l’ouverture du Carrefour Soleil à Mérignac en 1969. Certaines clientes loubésiennes s’organisaient pour s’y rendre ensemble, malgré la distance et le fait que tout le monde ne possédait pas de voiture. La papeterie parvint toutefois à survivre, sans doute grâce à l’accueil chaleureux réservé à chaque client. Puis l’heure de la retraite a sonné, et les deux magasins ont été vendus. Les premiers temps, Claudine faisait de grands détours pour éviter de passer devant. D’autant plus qu’au fil des années, l’emplacement est resté occupé par une papeterie.

 

Claudine Teynat

 

C’est toute une vie, riche en souvenirs et consacrée au service de la clientèle loubésienne, que Claudine évoque avec beaucoup d’émotion. Un grand merci à elle pour sa gentillesse et son accueil chaleureux…

 

Lou et Daisy