Une vie de passion au service des tout-petits

Une vie de passion au service des tout-petits

1 août 2026 0 Par Reinette

Institutrice à Saint-Loubès à l’école maternelle Jean de La Fontaine depuis près de 26 ans, rien ne destinait pourtant Fabienne à une carrière dans l’enseignement…


Avant de rejoindre les bancs de l’Éducation Nationale, elle exerçait comme juriste dans le secteur des assurances, un métier dans lequel elle ne s’épanouissait pas particulièrement. Elle se souvient encore de la remarque d’un collègue qui l’a amenée à s’interroger sur son avenir professionnel : « Pourquoi ne deviendrais-tu pas institutrice ? Tu as le profil idéal ! » Après une période de réflexion, Fabienne décide de se lancer et entreprend une formation d’institutrice. Diplôme en poche, elle débute sa carrière en zone d’éducation prioritaire (ZEP), d’abord à Poitiers, puis à Châtellerault.

À la suite de la mutation de son mari dans la région bordelaise, elle rejoint d’abord l’école maternelle de Sadirac avant de poursuivre sa carrière à Saint-Loubès. Elle fait le choix d’enseigner en maternelle, un niveau qu’elle apprécie particulièrement. « Les apprentissages y sont plus libres », explique-t-elle. Sans programme figé au quotidien, elle adapte ses séances en fonction de ce qui s’est passé dans la journée et prépare, chaque soir, son emploi du temps pour le lendemain.


Pour Fabienne, les premières années de la vie sont déterminantes. « Les enfants sont de véritables éponges », résume-t-elle. À cet âge, chaque découverte est une occasion d’apprendre. C’est pourquoi elle privilégie une pédagogie fondée sur le jeu, en proposant des activités adaptées au rythme et aux besoins de chacun, souvent en petits groupes. Les projets artistiques occupent également une place importante dans sa classe. « Les petits s’extasient de tout », confie-t-elle avec enthousiasme. Elle les amène aussi à résoudre des rébus ou d’autres jeux de langage afin de développer leur réflexion et leur curiosité.

Au-delà des apprentissages scolaires, elle accorde une grande importance à l’expression et à l’écoute. Lors d’ateliers de philosophie, une peluche baptisée « Socrate » circule entre les élèves : seul l’enfant qui la tient dans ses mains est autorisé à prendre la parole. Une manière simple de leur apprendre à écouter les autres, à respecter les échanges et à attendre leur tour.

Ces temps de discussion permettent d’aborder des sujets variés, parfois délicats, comme l’inceste ou la mort. Son objectif n’est pas de transmettre ses propres croyances, mais d’offrir aux enfants un espace où ils peuvent poser leurs questions, exprimer leurs émotions et construire leur propre réflexion.


Au quotidien, Fabienne peut compter sur le soutien précieux d’une ATSEM, avec laquelle elle travaille en étroite collaboration. Au fil de sa carrière, elle a partagé sa classe avec plusieurs collègues : Nathalie pendant vingt ans, puis Annick durant six ans, avant d’être accompagnée aujourd’hui par Audrey. Chaque matin, elle lui présente le programme de la journée afin d’organiser ensemble le travail auprès des élèves.

Fabienne se décrit volontiers comme une « bourreau de travail ». Très investie dans son métier, elle accueille également chaque année des élèves de troisième venus effectuer leur stage d’observation et leur faire découvrir le quotidien d’une institutrice. Si elle reste passionnée par son métier, elle s’inquiète du manque de candidats au concours et constate que la profession reste très largement féminine. Elle regrette aussi certaines évolutions de son école, notamment la disparition du petit jardin pédagogique, qui permettait aux enfants de découvrir la nature et d’observer quelques animaux.


Malgré ces difficultés, ce sont surtout les bons souvenirs qui restent. Chaque fin d’année est un moment chargé d’émotion lorsqu’elle voit partir ses élèves vers le CP. Parmi les plus belles récompenses de sa carrière, elle se souvient avec émotion de la visite d’une ancienne élève devenue, à son tour, institutrice, et qui lui a confié avoir choisi cette voie grâce à elle.

Quant à la retraite, le sujet n’est pas d’actualité. Après près de vingt-six ans passés à l’école maternelle Jean de La Fontaine, Fabienne n’envisage pas encore de tourner la page. Sa passion pour l’enseignement est, elle, toujours intacte.

Mary et Reinette