La Petite Chronique de Saint-Loubès 1890-1891 (3/3)

La Petite Chronique de Saint-Loubès 1890-1891 (3/3)

3 juillet 2024 0 Par Lou

LCP 26/04/1891 | Recensement à Saint-Loubès

  • Ménages : 802

  • Habitants : 2716

  • Maisons : 788

Il est à remarquer qu’à cette époque de l’année (avril) les châteaux et maisons d’agrément ne sont pas encore habités.


LCP n°51 10/05/1891 | Un futur académicien cavernais

La commission scolaire veille dans la commune à l’exécution de la loi sur l’instruction obligatoire en contrôlant l’assiduité des élèves et rappelant à leur devoir les parents insoumis. Le délégué cantonal, suivi par quelques membres du comité, part faire l’inspection des écoles… Le maître profite de cette présence honorable pour faire une dictée. On y parle de fourmis. Un petit cavernais, non des moins dégourdis, termine sa page en s’applaudissant de son succès qu’il croyait assuré.

Le délégué cantonal prend une copie et corrige les fautes. Le deuxième adjoint prend la copie de notre jeune cavernais. Il prend le cahier, réfléchit, tousse, réfléchit encore et enfin d’un doigt audacieux montre à l’enfant le mot fourmis, et demande raison de l’absence d’un E que ne justifie pas l’académie. L’enfant proteste. Un cavernais n’en démord pas, mais notre adjoint est plus entêté qu’un ministre. L’enfant en appelle à son dictionnaire qui lui donne raison. Et à son tour au milieu des rires étouffés, de son doigt vainqueur corrige la faute de son inspecteur d’occasion. Honteux et confus, notre magistrat s’en va murmurant encore intrigué de ce caprice de la langue : et cependant on dit une fourmiE. Sans doute, ne conçoit-il pas de féminin sans E.


LCP 17/05/1891 | Chronique locale : au sujet de l’arbre de la liberté 

Nous croyons être agréables à nos lecteurs de Saint-Loubès et particulièrement à nos amis de Cavernes, en les informant que les récentes démarches faites par le comité républicain avaient abouti.

Extrait de la lettre adressée au préfet de Gironde : « Les soussignés membres de comité…ont l’honneur de solliciter… l’autorisation pour l’élévation d’une grille en fer autour de l’arbre de la liberté planté il y a 12 ans sur la place du port de Cavernes. Les républicains dévoués n’ont en vue qu’une propagande efficace au profit de l’idée républicaine parmi notre population… les vaillants habitants de Cavernes tiennent tant à cet arbre et à l’entretien duquel ils sont si dévoués… la somme nécessaire a été recueillie par souscriptions privées…l’élévation de cette grille sera pour la République l’occasion d’une manifestation sympathique de la part de tous les républicains de St Loubès et notamment de tous les habitants de Cavernes. Dans ce ferme espoir, N. Léglise Président du comité, F. Dagneaud Vice-président, E. Chicou Secrétaire. »

L’accord officiel par le préfet fera l’objet d’une longue lettre comprenant 13 articles, datée du 22 juillet 1891 (Cf. LCP du 02/08/1891)


LCP 31/05/1891 | Incendie à l’usine de Cavernes

Provoqué par la foudre tombée sur un réservoir plein d’essence, un incendie a éclaté à la raffinerie de pétrole de MM Deutch. Conservant tout son sang-froid M. Carsoulle essaya mais en vain d’étouffer le feu. M. Steven l’intelligent et énergique directeur de l’usine, n’eut que le temps de jeter le cri d’alarme et d’organiser les secours, non sans avoir mis en lieu sûr chez M. Leuvielle la caisse qui contenait près de 60 000 Francs. Le nommé Princeteau est allé au péril de ses jours fermer les robinets communiquant avec tous les réservoirs. Les pertes et dégâts évalués à 40 000 Francs sont couverts par des assurances au syndicat des raffineries de pétrole. Il faut noter l’arrivée inespérée de la pompe municipale 1h30 après les débuts de l’incendie.


LCP 19/06/1891 | Un peu d’eau

Un habitant de notre bourg se plaint de ce que la fontaine de son quartier ne donne plus d’eau depuis plus de deux mois… Nous nous faisons l’écho de cette juste réclamation et nous ajoutons que ce n’est pas une mais deux fontaines qui font défaut à chaque extrémité du bourg. Nous souhaitons pour la municipalité qu’elle ne nous fasse pas trop tirer la langue.


LCP 26/06/1891 | Cafés concerts sur la voie publique

Lettre envoyée au rédacteur de la PC le 22 juillet : « Nous appelons l’attention de la municipalité sur l’inconvénient qui résulte pour certains contribuables de l’établissement de cafés concerts. La route qui conduit à la gare, destinée ce jour-là à recevoir un grand nombre d’étrangers, se trouve interceptée, mais les contribuables dont les maisons sont situées à proximité, sont absolument masqués et privés d’air pendant les 4 jours de fête. Nous pensons que Monsieur le maire voudra bien accorder l’autorisation à ces établissements à l condition qu’ils soient construits par exemple sur la place de l’église, ce qui ne gênerait personne et contenterait tout le monde, contribuables et cabaretiers. » Signée par 7 personnes.


LCP 26/06/1891 | Succès scolaires

Nos écoles laïques viennent de remporter un brillant succès. 12 garçons et 8 jeunes filles se présentaient à l’examen du certificat d’études primaires, et deux demoiselles aux épreuves facultatives de dessin. Jeunes garçons et fillettes ont brillamment subi ces épreuves. C’est là un résultat satisfaisant qui fait le plus grand honneur à l’éminente directrice de l’école des filles, ainsi qu’au très sympathique directeur de l’école des garçons.


LCP 05/07/1891 | Accident au pont du Goubert

À cet endroit, le chemin est bordé par un talus lequel se continue jusqu’à la voie du chemin de fer. Un minuscule garde-fou est disposé de chaque côté. Un tombereau chargé de gravier sur la voie de chemin de fer, a entrainé le cheval attelé au timon. La secousse du choc a été moins terrible qu’elle aurait pu l’être. C’est par un hasard providentiel que le cheval n’a eu aucun mal. Il serait grand temps que notre municipalité songeât à faire le nécessaire.


LCP 09/08/1891 | Commencement d’incendie

Dans le quartier Jean Videau, chez M. Ernest Dutruch, le feu a pris sur un tas de sarments. La femme du propriétaire, affolée, s’est précipitée et a fait une chute si malencontreuse qu’elle s’est cassé la jambe.


LCP 09/08/1891 | Un conseil par semaine : rafraichir l’eau

Remplissez une bouteille, enveloppez-là d’un linge mouillé, suspendez à une corde et faites aller la bouteille comme un balancier d’horloge. Votre eau deviendra bientôt plus froide.


LCP 30/08/1891 | Nomenclature de la tombola pour prochaine fête locale

50 lots prévus.

Les 3 premiers :

  • Une barrique de vin de Saint-Loubès

  • Un fusil percussion centrale

  • Un service porcelaine

Les 3 derniers :

  • Un porte-cigarette et son étui

  • Un abonnement de 6 mois à la Petite Chronique

  • Une paire de pantoufles bain de mer

On trouve également : une corde d’oignons, un sac de charbon, une cravate fantaisie, un pain de savon, un gigot…


LCP 13/09/1891 | La fête du 6 septembre à Cavernes en première page

Importante manifestation pour l’inauguration de la grille autour de l’arbre de la liberté, en présence entre autres, du député de circonscription, du conseiller général, du conseiller d’arrondissement, des représentants de la presse, du député, du sénateur de la Vienne, du président du comité de Lormont. Depuis la gare, le cortège s’avance aux accents entraînants de la Marseillaise. La place est pavoisée, ornée de lanternes vénitiennes, les bateaux sur la Dordogne ont aussi arboré leurs pavois. Nous adressons nos félicitations à M. Lacoste, entrepreneur de la maçonnerie, et à M. Cassignard, entrepreneur de la serrurerie et dont l’éloge n’est plus à faire à Saint-Loubès.

M. Edouard Eymond, président du comité des fêtes, prononce à cette occasion une allocution reproduite dans le journal. « Lorsque les républicains de Saint-Loubès se sont réunis à Cavernes au mois de février 1878 pour planter ce chêne, emblème vivant de la force et de la durée de leurs convictions, la France n’entrevoyait encore la liberté que comme un but ardemment désiré, vainement poursuivi jusqu’alors…Messieurs, l’arbuste chétif que nous avons planté ensemble il y a 15 ans a poussé dans le sol des racines profondes, il a étendu ses rameaux vigoureux… le voici superbe et triomphant :il semble que les forces de la nature aient voulu le faire prospérer plus vite que la République elle-même…

400 convives feront honneur au banquet servi dans un chai de M. Leuvielle. M.Eymond rappelle que le comité républicain loubésien fonctionne depuis 1869.


LCP 13/09/1891 | Perdu

Il a été perdu lundi, entre le bourg et Cavernes, vers trois heures de l’après-midi, un corsage inachevé en satinette claire. Le rapporter à Mme Le Boulicaut, tailleuse à Cavernes.

NB : De septembre à novembre 1891, le journal consacre ses pages pratiquement exclusivement aux futures élections d’un conseiller général pour le canton de Carbon Blanc.


LCP N°80 29/11/1891 | Résultats des élections du 22 novembre (deuxième tour)

Edouard Eymond, loubésien républicain, emporte l’élection avec 2 315 voix (inscrits 7355 – votants 4680). À peine les résultats étaient-ils connus que vers 21h, 250 à 300 personnes se sont rendues au domicile du nouvel élu, notre compatriote. L’immense vestibule du château Saint-Aignan était envahi par la foule. Un vin d’honneur est servi et la foule en chantant la Marseillaise se retire et se dirige vers la demeure du maire M. Barailley, le vaincu de la journée. Les cris de démission sortent alors de toutes les poitrines.


LCP N°80 29/11/1891 | Chronique locale

Notre garde-champêtre ne se mouche pas à la manche, ne voudrait-il pas se faire passer pour le confident de M. Le Préfet de la Gironde ? On a pu l’entendre dire qu’il était autorisé par le représentant du gouvernement à annoncer la disparition immédiate de la petite chronique. Avant longtemps ce jovial fonctionnaire montrera aux loubésiens éblouis une invitation au bal de l’Élysée…Montmartre.


LCP 13/12/1891 | Élections municipales du 13/12/1891

Électeurs de Saint-Loubès, votez en masse pour les 11 candidats du comité républicain. L’abstention est une trahison à la cause républicaine. Nous désirons pour notre commune une administration toujours bienveillante :

  • Plus de gaspillage

  • Plus de privilèges

  • Plus de mesures vexatoires

Voilà notre programme.


LCP N° 83 20/12/1891 | Avis

Les correspondants-rédacteurs de la Petite Chronique sont priés de se rendre le 25 courant à deux heures de l’après-midi, au bureau de La rédaction à Saint-Loubès. Ordre du jour : organisation nouvelle et définitive du journal.


Dernier numéro de La Petite Chronique, du moins numéro numérisé aux archives départementales. Le journal aura vécu 1 an et demi. Qu’est-il devenu après ? On peut penser que l’élection d’Hector Ducamp en 1891, farouchement républicain a quelque chose à voir, soit avec la disparition du journal, soit avec une toute nouvelle ligne éditoriale et peut être un nouveau nom.

Toujours est-il que la Petite Gazette dont le premier numéro paraît le 31/011892, ressemble fort à la Petite Chronique. Tout comme ce dernier, c’est un journal républicain indépendant, organe des intérêts politiques, agricoles et viticoles du canton de Carbon-Blanc. Saint-Loubès paraîtra dans ses colonnes, mais c’est une autre aventure à découvrir…