Michel Court : une jeunesse de loubésien

Michel Court : une jeunesse de loubésien

11 novembre 2023 1 Par Lili

Michel Court né à Saint-Loubès le 1er Juillet 1945…


Un élève studieux

Il y fait toute sa scolarité jusqu’en 1956 : “J’en garde d’excellents souvenirs ! Il faut dire que j’étais un élève assez sage et studieux. J’aimais l’école même si ce n’était pas toujours facile. […] Le respect des adultes et la rigueur n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui !

 

Un petit garçon se cache sur cette photo de classe : saurez-vous le retrouver ?

 

Il fréquente l’école primaire Paul Jean Toulet dont le directeur se nomme alors M. Becuwe. “Je me souviens qu’un jour, un élève s’est échappé de sa classe ! C’était un peu la “tête de turc” comme on dit. Il a sauté la grille de l’école et pendant que l’instituteur faisait le tour de la Mairie en courant pour le rattraper, tous les autres élèves se sont accrochés le long des grilles pour assister à cette scène de course-poursuite !

Si vous connaissez les lieux, il vous sera sans nul doute facile d’imaginer la scène…

 

Puis vient l’entrée au collège en classe de sixième : à l’époque, cela passe par la réussite d’un concours dont les épreuves seraient considérées aujourd’hui bien difficiles à en juger par certains intitulés de mathématiques…

 

 

Admis comme pensionnaire au collège de Libourne, Michel Court reconnaît que quitter sa famille à l’âge de 10 ans et demi n’a pas été chose facile. Attendre le bus Citram le lundi matin avec sa petite valise à la main et revenir les samedis midi a représenté un changement brutal pour un enfant qui devait passer une semaine en pension loin de l’affection quotidienne de ses parents. “Cela a été très dur, toutefois,  pour  la dernière année de collège, en 3ème, le sport a rendu ces séjours moins pénibles”. Il est alors capitaine de son équipe de foot.

Ses nombreuses passions ainsi que le catéchisme rythment ses courts week-ends passés à Saint-Loubès. Enfant de chœur, il participe tous les dimanches à la messe dite par  le curé, M. Alrivi, “un personnage exceptionnel et jovial qui donnait une petite tape sur la joue des enfants !”.

 

© Michel Court – Enfants de chœur à Saint-Loubès

 

Un jour, lors d’une célébration à l’église et alors qu’il tient un cierge allumé entre ses mains, Michel Court, à la suite d’une génuflexion à proximité de Monsieur le curé, se penche un peu trop en avant et enflamme malencontreusement la chevelure de l’abbé ! Cette sottise lui vaut une gifle dans la sacristie…punition bien vite oubliée puisqu’en sortant de la messe il n’a alors qu’une seule chose en tête : “aller jouer au flipper avec les copains chez Baron” !

 

Un jeune homme cinéphile 

 

Le cinéma occupe une grande place dans le cœur de Michel Court : “Le cinéma, c’était l’évasion !”. Son professeur de lettres, qui était fan de cinéma lui aussi, lui avait appris beaucoup de choses dans ce domaine. Par chance, la salle Max Linder était le seul cinéma existant dans les environs entre Bordeaux et Libourne dans les années 50. Il était dirigé par Monsieur Sibial et proposait trois séances aux spectateurs : samedi soir, dimanche après-midi et dimanche soir.

Les tickets étaient vendus à l’entrée au guichet – décoré avec des photos de Max Linder – et étaient ensuite poinçonnés par M. Stanislas (fils du médecin de Saint Loubès). La séance se composait d’un documentaire suivi des actualités de l’époque et parfois l’entracte accueillait la prestation d’un artiste puis le tirage de la “roue de la fortune”, avec le numéro de son ticket d’entrée. Le gagnant recevait deux places de cinéma pour le week-end suivant : un moment très apprécié par les passionnés !

Il ne se souvient pas forcément d’un film qui l’ait particulièrement marqué mais évoque notamment ceux avec Tino Rossi ou encore la projection du couronnement de la reine d’Angleterre Elizabeth II. Chaque séance était marquée par un entracte et la vente de bonbons et friandises par l’assistante du directeur (qui s’occupait également de la vente des tickets à l’accueil).

 

Le ballon rond : une ferveur de longue date

 

Le football, sa deuxième grande passion, occupe également une place de choix dans la façon dont il occupe ses week-ends : “Ce n’était pas comme aujourd’hui où tous les enfants ont leur propre ballon de foot à la maison : on n’avait qu’un seul ballon en cuir qu’il fallait réclamer au Président du club au début de l’entraînement et ne surtout pas oublier de rendre à la fin ! Les maillots quant à eux se transmettaient de génération en génération : ils devaient être lavés et séchés pour le match suivant.”.

 

Football Club Loubésien (1962)

 

Le tout premier terrain de foot se situait alors en bas du cimetière. “Je me souviens que régulièrement, on faisait appel à mon père qui était plâtrier pour délimiter le terrain grâce à des sacs de plâtre : un marquage très artisanal donc !

En grandissant, il finit par rejoindre son frère au club de foot de Montussan. Il évolue même au fil du temps en joueur semi-professionnel dans ce sport qui le fait toujours autant vibrer.

 

Football Club

 

Une commune dynamique et animée

 

Déjà à l’époque, Saint-Loubès ne manque pas d’animations : “il y avait une salle de bal au sous-sol de la salle Max Linder, et je me souviens également de 2 cafés où l’on se rendait souvent”.

Tout d’abord, le Café National, dit “Chez Baron” (situé face à l’actuel Crédit Agricole) : il disposait à l’étage de sa salle de ping-pong (PPCL), de son flipper ainsi que d’un poste de télévision. Peu de familles en possédait à leur domicile, il faisait ainsi la joie des amateurs de résultats sportifs. De l’autre côté de la rue, “Chez Dupont” : premier  siège du Football Club loubésien “il organisait un  loto tous les dimanches soir !”.

 

© Henry Guillier – Hôtel/Café National et la Grand rue (1907)

 

Il y avait aussi les bains-douches avec leurs 7 ou 8 cabines. Ils étaient particulièrement fréquentés le dimanche matin.

 

La famille : une valeur essentielle

 

Son frère, de 10 ans son aîné, a été pendant de nombreuses années directeur d’école à Saint-Loubès, jusqu’à sa retraite : “il lui arrivait en fin de carrière d’avoir comme élèves les enfants de ses anciens élèves..!” L’instituteur, à cette époque, était un personnage important dans la commune, il représentait l’autorité et inspirait beaucoup de respect.

 

 

Sa mère, violoniste originaire de Bayonne, a quant à elle reçu le 1er prix du Conservatoire avant d’immigrer à Bordeaux pour continuer son  apprentissage. “Elle y a rencontré mon père et ils se sont rapidement installés dans la région. Elle donnait des leçons de solfège et était parfois appelée pour animer des mariages ou des célébrations”. Michel Court conserve d’ailleurs précieusement ce violon retrouvé dans une malle avec des correspondances de ses parents.

 

© Saint-Loubès Magazine – Elizabeth Court

 

Malgré une famille musicienne (son grand-père était saxophoniste, son frère jouait du piano…) et bien qu’ayant appris le solfège, il avoue ne pas avoir appris d’instrument et le regrette un peu. Son père plâtrier était très fier de dire qu’il avait un fils directeur d’école et un autre directeur de banque. Une belle réussite !

Enfin, la star de la famille…  Caroline (qui s’avérera plus tard finalement être Carolin…) : la seule et unique tortue qui savait jouer au foot ! “Les enfants ne manquaient pas de la regarder lorsqu’ils se rendaient à la cantine en passant devant la maison de mes parents”. Puis un jour, elle a disparu, volée peut-être…

Ainsi, 20 années se sont écoulées et s’il a pensé plus tard revenir une fois à la retraite à Saint-Loubès, Michel Court a finalement saisi une opportunité de s’installer  à Bordeaux, juste en face du stade Chaban Delmas : le sport toujours…

 

Les photos de classe ou de matchs partagées tout au long de l’article vous permettront peut-être de vous retrouver et les anecdotes, on l’espère, devraient vous ravir et qui sait ? – vous rappeler votre jeunesse…


Coly, Lili et Ermine